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Biographies

Prince, le ‘Kid de Minneapolis’

Si vous lisez des biographies de Prince, vous serez noyés par la profusion d’histoires, d’anecdotes, d’albums, de tournées, de looks, d’expérimentations… car, en réalité, on ne compte plus le nombre de vies de cet auteur-compositeur, chanteur-danseur, musicien-acteur.

Pop star perfectionniste, sexy et adulée, Prince est d’abord et surtout un véritable musicien… créateur perpétuel, il est aussi un homme complexe, exigeant, épuisant, qui pouvait jouer 24/24h dans son royaume de Paisley Park, influencé par deux de ces maîtres : Jimmy Hendrix et Stevie Wonder.

Pour vous raconter son histoire, je vous propose de parcourir quelques uns des plus beaux témoignages que vous retrouverez dans le livre hommage, ‘Prince’, de Mobeen Azhar (préface de Philippe Manoeuvre, of course !!).

L’enfance

Prince Rogers Nelson, alias Prince, est né le 7 juin 1959 à Minneapolis (5 millions d’habitants, tout au Nord des US), dans une famille de musiciens : un père pianiste (John L.) et une mère chanteuse de jazz (Mattie Shaw), mais qui divorcent au moment de ses 10 printemps.

Dès ses 14 ans, il quitte le pénible rituel de la garde alternée pour aller vivre chez sa tante, puis dans une cave prêtée par des amis. Une enfance qui se poursuit donc dans la douleur, loin des siens.

Devenu adolescent, Prince bouillonne de projets musicaux… son but : réussir et vivre de sa passion… dès lors, il commence par fréquenter assidûment les studios d’enregistrement. Déterminé, il n’en reste pas moins timide et frustré, car malgré sa stupéfiante maîtrise instrumentale, son sens du spectacle et ses efforts pour décrocher un contrat auprès des maisons de disques (dont un périple à NYC en 1976), il devra attendre l’année 1978 avant de sortir son premier opus.

Sa passion, la musique

Au début des 70’s, à 14 ans, Prince est déjà un joueur de guitare et de claviers… à 16 ans, il enregistre ses premiers albums… à 18 ans, il connait tout des studios d’enregistrement, et il sait jouer de 23 instruments.

  • Prince était un vrai musicien il avait une conception globale du son à obtenir (Sonny Thompson, bassiste)
  • Il entendait la musique dans sa tête, et elle s’exprimait par ses doigts (Dr. Fink, compositeur-claviériste)
  • Je n’ai jamais rencontré une telle énergie. Prince avait tellement de choses à exprimer (Susan Rogers, ingénieur du son)

Les enregistrements

Dès ses débuts, Prince a développé sa propre façon de faire des disques : il réalise tout, tout seul… y compris le mixage. Sa vie, il va la passer à jouer sur scène et en studio, mais finalement, il ne conservera qu’une infime partie de toutes ces sessions.

Perfectionniste au plus haut point, il voudra tout gérer… ainsi, il s’appliquera à la réalisation des films et video-clips, à la création et à l’organisation des tournées, à la distribution des disques par la poste ou via le web, à la découverte de nouveaux talents, à la création de labels, à la conception de ses costumes, de ses guitares, de son royaume,…

  • En studio, Prince pouvait se débrouiller seul… il enregistrait tout en une seule prise. Mozart à Minneapolis. (Dr. Fink, compositeur-claviériste)
  • Dans ces projets, Prince choisissait lui-même la distribution. Les musiciens n’avaient pas de marge d’expression. Il n’y avait de place que pour un seul maître. (Alan Leeds, manager)
  • Lors des enregistrements, il me confiait un rôle… lui était le scénariste du ‘film’ qu’était le morceau. C’est comme ça qu’il gérait toute son existence. Sa vie entière était un film. (Eric Leeds, Saxo)

La scène

Sur scène, à ses débuts, il aura vécu des hauts et des bas, selon le public… mais ce que l’on retiendra de lui, ce sont ses shows très bien préparés, dans des lieux prestigieux, avec des musiciens-danseurs triés sur le volet et la star, Prince, aux capacités physiques et artistiques phénoménales… bref, des événements à guichet fermé, ultra-recherchés par une communauté d’irréductibles fans à travers le monde.

  • Il était à l’aise en talons aiguilles et en bas de bikini. Il défendait l’amour non conventionnel. Le sexe était pour lui un thème obsédant (Gayle Chapman, Clavier)
  • Il faisait bosser son groupe 8 heures par jour. Je me souviens, un jour où rien n’avançait, il leur à dit : ‘c’est bon, vous n’avez pas envie de travailler aujourd’hui, rentrez chez vous’ (Steve Parle, Directeur Artistique)
  • Il fallait toujours verser dans l’exagération. Prince aimait des objets que Marie-Antoinette aurait jugés too much (Kimber Lawler, Directrice Artistique)
  • On était soudés. On étais tous amis. C’était un bonheur d’être ensemble… on ‘jammait’, et soudain, il lui prenait l’envie d’écrire, de composer (Sonny Thompson, bassiste)
  • La consécration :
    • En 2004, il rejoint le prestigieux Rock’n’Roll of Fame
    • le 4 février 2007, il donne un concert à la mi-temps du Super Bowl, devant 75 000 personnes et 140 millions de téléspectateurs.

Ses amours

Ce n’est pas un scoop, Prince adorait les femmes, il se sentait bien avec elles… d’ailleurs, c’est l’une des rares stars de ce calibre à s’être entouré de musiciennes-danseuses pour l’accompagner toute sa vie durant… certaines sont devenues ses compagnes :

  • Appolonia Kotero, chanteuse-actrice (Purple Rain)
  • Sheila E, chanteuse-musicienne
  • Susannah Melvoin, soeur jumelle de Wendy
  • Cat Glover, danseuse
  • Kim Basinger, actrice
  • En 1996, il épouse la jeune danseuse Mayte Garcia… rencontrée en 1990 en Allemagne. Ensemble, ils auront un enfant qui meurt à la naissance… une épreuve qui les bouleverse. Ils se séparent en 2000.
  • En 2001, il épouse Manuela Testolini, d’origine Canadienne. Ils se séparent en 2006.

Ses hobbies

Au quotidien, Prince avait aussi des hobbies… en particulier, le basket-ball, le théâtre et le cinéma… mais d’autres passions l’animaient :

  • La religion, la bible…. en 2001, il devient témoin de Jéhovah
  • Ses voitures : Ford Thunderbird, Plymouth Prawler … belles, rapides et pourpres !!
  • Son royaume : le complexe Paisley Park (salles de concerts et tournages, studios d’enregistrement, appartements), construit en 1987 à Chanhassen, Minnesota… un lieu culte où il recevra quantité de musiciens et de fans.
  • Sa maison, louée à Beverly Hills, dans laquelle il reçoit ses amis pour des soirées où la musique est reine. On y croise Jude Law, Matthew Mac Conaughey (aux bongos), ou encore Stevie Wonder…
  • Les aftershows : des sessions dans des lieux intimistes (salles de concert, boites), jusqu’au bout de la nuit…

L’industrie du Show-Biz

D’abord enthousiaste avec le succès commercial et les contrats, Prince doit faire de plus en plus de concessions, puis il réalise qu’il n’est qu’un produit exploité par sa maison de disques… dès lors, il n’aura d’autre choix que de s’émanciper de ce système d’exploitation désormais bien connu de toutes les stars du show business.

  • Prince était quelqu’un de positif et d’optimiste, qui voyait des possibilités partout… c’était une vraie tornade (Marcus Anderson, Saxo)
  • Il lançait tout le temps de nouveaux projets. Les concepts, c’était son truc. Leur réalisation, par contre… (Steve Parke, photographe)
  • Sa conception de la création musicale n’était pas en phase avec l’industrie. Prince évoluait dans son univers. Son succès n’appartenait qu’à lui (Michael Bland, batteur)
  • Pendant longtemps, j’ai produit un album par an… jusqu’au jour où j’ai compris que j’étais tombé dans un piège. ‘Prince’ n’était pas propriétaire des masters (Symbol)
  • En concert, je suis libre, alors que sur disque, je suis esclave (Symbol)
  • Il voulait établir un lien direct avec ses fans, sans maison de disques ni intermédiaires (Sam Jennings, Web Designer)

The End…

  • Il n’obéissait à aucune horloge. Il a vécu de nombreuses vies, notamment parce qu’il dormait peu (Michael Van Huffel, artiste peintre)
  • Il bossait vraiment dur pour répondre à ce que l’on attendait de lui. Il m’a expliqué : ‘c’est difficile de se dire que je suis responsable de tous ces gens. Ils ont des gosses, des familles’ (Steve Parke, photographe)
  • Le 14 avril 2016, à l’âge de 57 ans, il fait un malaise au retour d’un concert à Atlanta. Hospitalisé d’urgence, il est soigné pour une overdose médicamenteuse d’opiacés (des médicaments au centre d’une crise majeure de comportements addictifs, et de décès, aux Etats-Unis).
  • Le 21 avril 2016, il est retrouvé mort dans un ascenseur de son royaume de Paisley Park, décédé d’une surdose d’opioïde.

Voilà… c’est brutal, déprimant, mais c’est ainsi qu’à disparu le ‘Kid de Minneapolis’, la veille d’un RDV avec un docteur spécialisé dans les addictions aux opiacés… sans même pouvoir laisser la moindre consigne sur ce qu’il adviendrait de son immense héritage musical, qui doit encore dormir dans son royaume de Paisley Park.

Dernier lot de consolation pour ses fans : une biographie vient tout juste de sortir en cette fin 2019 : The Beautiful Ones. Elle est annoncée comme étant la seule réellement rédigée avec la star.

En attendant de la lire, je vous propose ces quelques pépites, que vous connaissez déjà, mais qui restent indispensables et intemporelles.

Bonne écoute…

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