Histoire d’une chanson : ‘Human Nature’ par Michael Jackson
Hello Folks,
On peut dire de cette chanson qu’elle n’a pas eu de chance. Perdue, oubliée parmi la multitude de Hits qui ont accompagnés et révolutionnés nos vies lorsque l’album ‘Thriller‘ est sorti en fin d’année 1982.
Non mais quelle claque nous avons pris avec cet Opus hors du commun, le plus vendu de l’histoire avec 70 millions d’unités, et qui a tout changé. Aujourd’hui encore, plus de quarante ans ont passé, mais nous n’avons rien oublié du tempo de ‘Billie Jean’, des pas de danse de Michael, de ses vestes scintillantes, de sa voix exceptionnelle, du solo d’Eddie Van Halen sur ‘Beat It’, de la réalisation du clip de ‘Thriller’ par John Landis, et de la Jacksonmania qui a suivi ce déferlement de Hits.
A l’évidence, toutes les chansons de cet album touchent à la perfection, et ceci sans doute grâce à la participation de musiciens hors-pairs, comme Steve/Jeff Porcaro, Steve Lukater et David Paich du groupe Toto. En mai 1982, ce groupe de Rock californien débute la tournée mondiale de l’album ‘Toto IV’, magistral lui aussi, avec des titres aussi emblématiques que ‘Rosanna’, ‘I Won’t Hold You Back’ ou ‘Africa’.
Bien entendu, Quincy Jones, le sorcier du son, les a repérés… non seulement pour leur talent de musiciens, mais aussi pour leur capacité à composer des tubes intemporels. Les voilà donc rapidement associés au projet en cours d’élaboration dans les studios Westlake Recording de Los Angeles.
Une leçon d’inspiration
Au tout début des 80’s, dans la banlieue de L.A., aussi incroyable que cela puisse paraître, entre les déplacements en tournées, les interviews et les sessions en studio, Steve Porcaro, réussi l’exploit d’avoir une vie de famille bien remplie.
Pour y parvenir, il travaille le plus possible depuis sa maison de Los Angeles, où il possède son propre studio d’enregistrement, comme beaucoup de musiciens de 1er plan.
Mais en cette fin de journée, alors que sa fille de 6 ans a été poussée en dehors d’un toboggan par un garçon de sa classe de CP, il réagit en tant que père consciencieux et attentionné. Alors qu’elle lui pose la question : ‘Why ? Tell me why ?‘, lui n’a que ses quelques mots pour l’aider à comprendre : ‘Tu sais, au fond, ce garçon il veut sûrement que tu t’intéresses à lui, mais les gens sont parfois bizarre. C’est bête, mais c’est dans la nature humaine…‘.
Touché par cette mauvaise expérience pour sa fille, Steve ressasse ses sentiments et repense à ses propres mots. Lui vient aussi un air, une mélodie, qu’il décide d’enregistrer rapidement sur une cassette qui traîne.
Bientôt, il demande à David Paich d’ajouter des nappes de synthétiseurs et autres arrangements afin de proposer cette nouvelle chanson au groupe… mais malheureusement, elle ne va pas faire l’unanimité.
Le hazard fait si bien les choses
Après l’échec de leurs deux précédents albums, Toto est sous pression de sa maison de disques pour réussir un sans faute commercial et remplir les stades avec un son bien Rock. Autant dire qu’une ballade sur la nature humaine, aussi inspirée soit-elle, ce n’est pas leur priorité du moment !
Quelques mois plus tard, alors qu’il doit enregistrer des compositions du groupe pour Quincy Jones, Steve Porcaro n’a plus de cassettes vierges. Il décide donc d’ajouter ces titres sur la face B de sa cassette utilisée pour sa propre démo de ‘Human Nature’.
Bien installé dans son salon, Quincy est tout excité par la cassette qu’il vient de recevoir. Il écoute la face B, et laisse tourner le magnéto, mais il est perplexe… ce n’est pas le style de l’album ‘Thriller‘ qu’il entend là.
Le voilà alors en pleine réflexion, il lui faut rapidement une autre chanson… mais, après quelques minutes de silence, en fin de piste, son appareil lance automatiquement l’autre face, et là, sur la face A, c’est l’émotion, intense. Quincy est immédiatement séduit par ce titre, et à la grande surprise de Steve, c’est cette chanson qu’il veut absolument pour Michael !
Bien décidé à tirer la quintessence de cette chanson, il va faire appel à son ami parolier John Bettis. A peine deux jours plus tard, le résultat obtenu dépasse les attentes. Tous se sont accordés pour inclure la chanson dans l’album de Michael, et Steve le reconnait d’ailleurs lui-même : ‘John Bettis a conservé mon texte à l’identique, mais il en a fait une chanson… une histoire, avec un début, un milieu et une fin. Il a tapé dans le mille !‘.
Direction Westlake Recording studios, L.A.
En studio, le travail voulu par Quincy sur cette chanson n’a pas plus d’ambition que de reproduire la démo préparée par le groupe Toto. Pour lui, c’est déjà un diamant brut qu’il n’est pas question de dénaturer.
Evidemment, pour parvenir à ses fins, il va solliciter les principaux membres du groupe. En particulier, Steve Lukater (guitare), va apporter tout son savoir faire afin de produire les sons et la rythmique si particulière que l’on entend sur cet enregistrement.
Une autre priorité, c’est que Michael s’approprie totalement cette chanson, et qu’il transmette les mêmes effets, reproduise les mêmes émotions à ‘fleur de peau’ que l’on entend dans l’interprétation originelle de Steve Porcaro.
Après plusieurs sessions, la piste instrumentale est prête, et Quincy est heureux. Euphorique même. Nous sommes fin novembre 1982, et ils ont quasiment terminé l’a production d’un album totalement hors normes, au budget de 750 000 Dollars. Ils ont tout donné, et le résultat est là, sublime.
Mais l’heure tourne en studio. Il est déjà minuit passé et Michael est tombé dans les bras de Morphée, au creux d’un des sofas qui trainait par là. Il n’y a plus un bruit, chacun se prépare à aller au lit pour finir les voix le lendemain lorsque soudain… Michael se réveille !!
Apparemment lucide et prêt à en découdre, il est comme envoûté par le défi qu’il a devant lui. Sans attendre, il demande à Quincy de poser sa voix sur la chanson.
Personne ne le sait, mais dans les minutes qui suivent, et malgré tous les moyens mis à disposition, il ne va faire qu’un seul enregistrement, sans aucune retouche. Un moment rare. Une seule prise du roi de la Pop et toute la magie d’une interprétation exceptionnelle est enregistrée pour l’éternité.
Quelques jours plus tard, le 29 novembre 1982, l’album est dans les bacs et ‘Human Nature’ est sur la piste 7, juste après l’inégalable ‘Billie Jean’ (quelle autre chanson aurait pu relever ce défit ?) :
- Wanna Be Startin’ Somethin’
- Baby Be Mine
- The Girl is Mine
- Thriller
- Beat it
- Billie Jean
- Human Nature
- P.Y.T
- The Lady in my Life
Et si vous voulez en savoir un peu plus sur la confection de cet album de légende, ne passez pas à côté de cet article du site RollingStone.
Bonne écoute…
Human Nature
Looking out across the nighttime
The city winks a sleepless eye
Hear her voice shake my window
Sweet seducing sighs
Get me out into the nighttime
Four walls won’t hold me tonight
If this town is just an apple
Then let me take a bite
If they say why? Why?
Tell ’em that it’s human nature
Why? Why ? Does he do me that way?
If they say why? Why?
Tell ’em that it’s human nature
Why? Why ? Does he do me that way?
Reaching out to touch a stranger
Electric eyes are everywhere
See that girl she knows I’m watching
She likes the way I stare
If they say why? Why?
Just tell ’em that it’s human nature
Why? Why ? Does he do me that way?
If they say why? Why?
Tell ’em that it’s human nature
Why? Why ? Does he do me that way?
I like livin’ this way
I like lovin’ this way
(That way) why? Oh, why?
(That way) why? Oh, why?
Looking out across the morning
The city’s heart begins to beat
Reaching out, I touch her shoulder
I’m dreaming of the street
If they say why? Why?
Tell ’em that it’s human nature
Why? Why ? Does he do me that way?
If they say why? Why?
Ooh, tell ’em
Why? Why ? Does he do me that way?
If they say why? Why?
…
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